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	<title>Chine Labbé</title>
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	<description>Multimedia Journalist</description>
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		<title>Francesco Lotoro, &#8220;mémoire vive de la musique concentrationnaire&#8221;</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 23:06:59 +0000</pubDate>
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La sacoche remplie de partitions, les yeux cernés par la fatigue, Francesco Lotoro s’installe dans l’auditorium du conservatoire national de Nancy. Invité des Journées européennes de la culture Juive, ce juif italien de 44 ans est là pour parler de musique. Ou plutôt d’une musique qui l’obsède depuis maintenant dix-huit ans. Une musique à laquelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-220" href="http://chinelabbe.com/2009/11/francesco-lotoro-memoire-vive-de-la-musique-concentrationnaire/picture-2-5/"><img class="alignnone size-full wp-image-220" title="Picture 2" src="http://chinelabbe.com/wp-content/uploads/2009/11/Picture-24.png" alt="Picture 2" width="521" height="218" /></a></p>
<p>La sacoche remplie de partitions, les yeux cernés par la fatigue, Francesco Lotoro s’installe dans l’auditorium du conservatoire national de Nancy. Invité des Journées européennes de la culture Juive, ce juif italien de 44 ans est là pour parler de musique. Ou plutôt d’<em>une</em> musique qui l’obsède depuis maintenant dix-huit ans. Une musique à laquelle il consacre aujourd’hui sa carrière, son argent, sa vie : la musique concentrationnaire.</p>
<p>Pianiste et directeur d’orchestre, Francesco Lotoro se lance en 1990 dans un projet de recherche inédit : collecter et rassembler tous les morceaux écrits pendant la seconde guerre mondiale dans les camps de transit, de travail, de concentration, d’extermination et autres lieux de captivité.<em> “Au début, je pensais trouver quelques chansons, peut-être un ou deux opéras”, </em>confie-t-il. <em>“Je n’imaginais pas que la musique concentrationnaire recouvrait une réalité aussi vaste”</em>. A ce jour, quelque 4 000 oeuvres ont été amassées et archivées par <em>s</em>es soins, au gré de voyages et de rencontres à travers l’Europe.</p>
<p>Francesco Lotoro a déjà enregistré près de 40 heures de musique de tous genres – musique de cabaret, jazz, chant religieux, opérettes, etc– pour<em> </em>créer une encyclopédie discographique de la musique concentrationnaire.<em>“Il ne s’agit pas d’une curiosité, mais bien d’une littérature musicale”</em>, explique-t-il. Six CDs ont déjà été édités par le label italien<a href="http://www.musikstrasse.it/">Musikstrasse</a>, qui prévoit de publier pas moins de 24 CDs dans le cadre de cette encyclopédie sonore, d’ici 2012.</p>
<p><strong>“PAS SYNONYME DE MUSIQUE HÉBRAÏQUE”</strong></p>
<p>Francesco Lotoro, originaire de Barletti, dans les Pouilles, décrit sa démarche comme<em> “scientifique”</em>. Toutes les musiques écrites dans des camps entre 1933 – date d’ouverture des premiers camps dits de <em>“rééducation sociale”</em> en Allemagne – et la fin de la guerre, sont collectées de manière systématique. Qu’elles aient été écrites par des</p>
<p>musiciens amateurs ou par des professionnels déportés. Qu’elles soient l’oeuvre de Juifs, de soldats américains faits prisonniers par les Japonais, ou encore de soldats du III<sup>e</sup> Reich emprisonnés par les alliés.<em> Pas question pour lui de “faire un choix”. “Souvent j’ai été présenté comme quelqu’un qui ne faisait de la recherche que sur la musique juive. Mais la musique concentrationnaire n’est pas synonyme de musique hébraïque”</em>, explique-t-il. “<em>Si je commençais à distinguer la musique écrite par des Juifs de celle écrite par des antisémites, je ne jouerai plus de Liszt ! Cela n’a pas de sens pour un musicien”</em>.</p>
<p>Francesco Lotoro endosse avant tout le rôle d’un passeur. Un passeur de musique qui, au passage, se fait mémoire vivante des trajectoires humaines de ces musiciens oubliés. Plus de 200 musiciens dont il connaît les biographies<em>“par coeur”</em>. <em>“Il y a quelques années, j’arrivais à faire abstraction des vies personnelles de ces musiciens dans mon travail de recherche. Mais aujourd’hui, leurs vies me touchent”</em>. En particulier celle de Rudolf Karel, dont la musique lui a été transmise par son fils, Yvan, devenu depuis, un ami. Dissident politique tchèque, Rudolf Karel fut emprisonné à la prison de Prague, où, à raison d’une demi-heure par jour, il écrivit de nombreux morceaux, au charbon, sur du papier hygiénique.</p>
<p><strong>UNE QUÊTE SOLITAIRE</strong></p>
<p>Même s’il ne tient pas à évoquer ses motivations, Francesco Lotoro le reconnaît, les moments historiques, où la musique <em>“n’était pas une activité bourgeoise, mais un acte de résistance”</em> le fascinent. Pas étonnant que de 1996 à 1998, ce chercheur obsessionnel ait entrepris une recherche similaire, récoltant toutes les musiques écrites après le printemps de Pragues, à l’occasion de son trentième anniversaire.</p>
<p>Mais aujourd’hui, sa passion s’essouffle devant les difficultés rencontrées.<em> </em>Depuis dix-huit ans, il n’a en effet reçu aucune aide financière, et a payé de sa poche voyages, livres, musiciens, ingénieurs du son, etc. “<em>Bien que vieille de 60 ans, cette musique est trop nouvelle, elle n’appartient pas à notre génération”</em> tente-t-il de comprendre. Mais la colère et le découragement l’assaillent. “<em>Je ne comprends pas pourquoi je dois faire tout ce travail seul”</em>,<em> </em>lance-t-il.<em>“Ce n’est pas ma musique ! C’est un héritage pour l’humanité tout entière”</em>. Malgré tout, Francesco Lotoro poursuit sa quête, qu’il espère aujourd’hui mener vers les pays de l’ex-URSS. Parce qu’il faut bien que<em>“quelqu’un le fasse.”</em></p>
<p>Chine Labbé<em><br />
</em></p>
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		<title>Comment Pékin contrôle la Toile</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 23:03:45 +0000</pubDate>
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Le &#8220;bouclier d&#8217;or&#8221;, sorte d&#8217;intranet géant géré par les autorités chinoises, est l&#8217;outil de contrôle du Web le plus sophistiqué au monde, selon OpenNet Initiative, entité née d&#8217;un partenariat entre le Berkman Center for Internet &#38; Society de l&#8217;Université Harvard, le Cambridge Security Programme de l&#8217;Université de Cambridge et le Citizen Lab de l&#8217;Université de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-212" href="http://chinelabbe.com/2009/11/comment-pekin-controle-la-toile/picture-1/"><img class="alignnone size-full wp-image-212" title="Picture 1" src="http://chinelabbe.com/wp-content/uploads/2009/11/Picture-1.png" alt="Picture 1" width="517" height="168" /></a></p>
<p>Le &#8220;bouclier d&#8217;or&#8221;, sorte d&#8217;intranet géant géré par les autorités chinoises, est l&#8217;outil de contrôle du Web le plus sophistiqué au monde, selon OpenNet Initiative, entité née d&#8217;un partenariat entre le Berkman Center for Internet &amp; Society de l&#8217;Université Harvard, le Cambridge Security Programme de l&#8217;Université de Cambridge et le Citizen Lab de l&#8217;Université de Toronto.</p>
<p>Le réseau chinois possède de nombreux points de contrôle, mis en place avec l&#8217;aide de l&#8217;américain Cisco Systems, qui permettent aux autorités de contrôler physiquement tous les flux entrant et sortant du pays. Un savant mélange de technologies de filtrage, de surveillance et de propagande qui permet au Parti communiste chinois de contrôler la Toile. Au niveau étatique, ce contrôle s&#8217;effectue par le filtrage de contenus étrangers jugés &#8220;sensibles&#8221; et la surveillance des contenus produits nationalement.<br />
<strong><br />
HABITUDE DE L&#8217;AUTOCENSURE</strong></p>
<p>L&#8217;outil de filtrage chinois est connu sous le nom de &#8220;grande muraille pare-feu&#8221;.&#8221;Quand on parle de grande muraille du Web, c&#8217;est exactement ça&#8221;, explique Clothilde Le Coz, responsable du bureau Internet et libertés de Reporters sans frontières (RSF). Grâce à un arsenal d&#8217;outils techniques, ce filtrage intervient à au moins trois niveaux, détaillés dans la revue Atlantic Monthly : blocage de noms de domaines, d&#8217;adresses URL et de mots-clés.</p>
<p>Un filtrage d&#8217;autant plus efficace qu&#8217;il s&#8217;adapte à l&#8217;actualité. &#8220;C&#8217;est ce qui est le plus impressionnant dans la censure chinoise&#8221;, s&#8217;exclame Clothilde Le Coz. &#8220;Les mots-clés filtrés sont réactualisés à une vitesse folle&#8221;, permettant de contrôler en permanence de nouveaux contenus jugés &#8220;sensibles&#8221;. Ainsi, elle raconte qu&#8217;au lendemain de la parution d&#8217;un rapport d&#8217;enquête de RSF intitulé &#8220;Chine, voyage au cœur de la censure d&#8217;Internet&#8221;, en octobre 2007, le directeur du Bureau des affaires de presse de Pékin a ajouté une trentaine de mots-clés à sa liste noire, rendant impossible l&#8217;accès à ce rapport.</p>
<p>Outre le filtrage étatique, les fournisseurs de service Internet comme les moteurs de recherche et les hébergeurs de blogs se sont habitués à pratiquer l&#8217;autocensure. L&#8217;enjeu est de taille pour les grandes entreprises étrangères du secteur : avec 253 millions d&#8217;internautes, la Chine est, depuis peu, le premier pays pour l&#8217;usage de la Toile. Et son potentiel est immense, avec un taux de pénétration d&#8217;Internet de seulement 19,1 %. Les hébergeurs n&#8217;hésitent donc pas à se plier aux lois locales.</p>
<p>Ainsi, en 2007, certaines plates-formes de blogs parmi lesquelles msn.cn et yahoo.cn ont signé une charte d&#8217;&#8221;autorégulation&#8221;, par laquelle elles s&#8217;engagent à identifier leurs blogueurs, à surveiller les commentaires, et à supprimer &#8220;les informations illégales et mauvaises&#8221;. Une récente étude de Citizenlab, publiée en juin, a même suggéré que les moteurs de recherche américains tels que Google et Yahoo! décident indépendamment de leur politique en matière de censure, pouvant aller plus loin que ce que leur demande la loi chinoise. Mais malgré cette autocensure, l&#8217;étude montre que les moteurs de recherche américains fournissent aux utilisateurs près de 20 % de contenu en plus que les moteurs de recherche chinois tel Baidu, leader dans le pays.<br />
<strong><br />
&#8220;CYBER-POLICIERS&#8221;</strong></p>
<p>Par ailleurs, l&#8217;activité des internautes chinois est en permanence surveillée par des &#8220;cyber-policiers&#8221;, armada d&#8217;informaticiens zélés chargés de contrôler les activités des internautes et les contenus du Web. Selon des estimations citées par le Washington Post en décembre 2007, ces &#8220;cyber-policiers&#8221; seraient environ trente mille. Champions de l&#8217;édition, ces policiers de la Toile effacent les données &#8220;sensibles&#8221;, quitte à fermer complètement des sites trop controversés. Ils surveillent également la circulation de courriels chez certaines personnes considérées comme potentiellement suspectes : dissidents, journalistes étrangers, etc. Oliver August, journaliste à Wired, raconte ainsi qu&#8217;en octobre 2007, il a été suivi jusque dans un hôtel de la province de Fujian, grâce à des données récupérées dans ses courriers électroniques.</p>
<p>Mais malgré les moyens employés, Clothilde Le Coz affirme que le système de censure chinois est &#8220;facile à contourner&#8221;. Notamment par l&#8217;utilisation de proxies, ou de VPN, mesures citées par RSF dans une série de conseils à l&#8217;intention des journalistes étrangers. Encore faut-il en connaître l&#8217;existence : seuls 5 % des Chinois les utilisent aujourd&#8217;hui. Par ailleurs, les connaissances technologiques des autorités chinoises mettent en péril ces moyens de contournement. Jocelyn Ford, du Comité de liberté de la presse du club des correspondants étrangers en Chine (FCCC), raconte ainsi que l&#8217;un des proxies dont elle se servait a récemment été bloqué par les autorités.</p>
<p>Surtout, la force du &#8220;bouclier d&#8217;or&#8221; chinois semble résider dans sa capacité dissuasive. Selon une étude menée en 2007 par une équipe de techniciens de l&#8217;Université de Californie et de l&#8217;Université du Nouveau-Mexique, ce système est certes facile à contourner, mais il encourage l&#8217;autocensure.</p>
<p>Chine Labbé</p>
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